Mesurer son pied pour trouver sa pointure

La plupart des gens connaissent leur pointure par habitude, pas par mesure. Comme la forme du pied évolue avec les années, cette habitude finit souvent par se tromper d’une taille.

Quand mesurer

C’est le paramètre que l’on oublie, et il change le résultat. Mesurez en fin de journée, ou après une marche.

Le pied gonfle au cours de la journée sous l’effet de la station debout et de la chaleur. L’écart entre un pied mesuré au réveil et le même pied le soir est réel, et c’est le pied du soir qui doit rentrer dans la chaussure — pas l’inverse.

Mesurez aussi avec la chaussette que vous porterez avec ces chaussures. Une chaussette de sport épaisse et un bas fin ne prennent pas la même place.

La longueur, en cinq minutes

Posez une feuille contre un mur, à plat sur un sol dur — pas sur un tapis, qui se déforme.

Debout, en appui sur le pied mesuré, talon contre le mur. Mettez votre poids dessus : le pied s’étale sous la charge, et c’est cette longueur qui compte.

Marquez l’orteil le plus avancé. Ce n’est pas toujours le gros orteil — chez beaucoup de gens, le deuxième dépasse.

Mesurez du mur au trait, en centimètres, avec une règle rigide plutôt qu’un mètre souple.

Refaites l’opération sur l’autre pied. C’est l’étape la plus négligée et la plus utile : un écart de plusieurs millimètres entre les deux pieds est courant, et c’est le pied le plus grand qui décide de la pointure.

La largeur, souvent décisive

Un pied peut être court et large, et une chaussure à la bonne longueur comprimer quand même.

Mesurez le tour du pied à l’endroit le plus large — généralement juste derrière les orteils — avec un mètre souple, sans serrer. Notez la valeur.

Toutes les marques n’indiquent pas de largeur, mais celles qui le font permettent enfin de résoudre le cas des pieds larges, qui prennent sinon une taille au-dessus et se retrouvent avec une chaussure trop longue.

Lire le résultat

Votre mesure en centimètres est la donnée brute. Deux façons de l’utiliser.

Sur une marque japonaise, la pointure est la longueur du pied en centimètres, à la marge près. C’est direct.

Sur les autres, cherchez le guide des tailles du fabricant, qui indique presque toujours la longueur intérieure de la chaussure pour chaque pointure. Choisissez celle dont la longueur intérieure dépasse la vôtre de quelques millimètres — davantage pour du sport.

Cette marge n’est pas du confort optionnel : sans elle, le pied bute en descente, et l’ongle du gros orteil le paie.

Cette mesure en millimètres n’a de valeur que rapportée au système du fabricant, qui n’est pas le même selon le pays d’origine de la marque. La table de correspondance entre pointures françaises, britanniques, américaines et japonaises permet de faire cette conversion sans se fier aux étiquettes.

Les cas particuliers

Les enfants. Le pied grandit vite et de façon irrégulière. Une mesure tous les deux à trois mois est raisonnable, et il ne faut pas anticiper de plus d’une demi-taille : une chaussure trop grande déforme la marche.

Les pieds qui ont changé. Une grossesse, une prise de poids, l’avancée en âge modifient l’affaissement de la voûte, donc la longueur au sol. Une pointure d’il y a dix ans n’est pas une référence.

Les problèmes de pied. Oignon, orteils en griffe, affaissement marqué : la mesure aide, mais un podologue apportera davantage que n’importe quel guide des tailles.

Une remarque sur l’essayage

La mesure sert à choisir quoi essayer, pas à remplacer l’essayage. En boutique, marchez plusieurs minutes avec les deux chaussures. Une gêne qui apparaît au bout de trois minutes ne disparaîtra pas à l’usage — les chaussures ne « se font » plus vraiment, les matériaux modernes cédant beaucoup moins que le cuir d’autrefois.