Wi-Fi lent : où placer sa box avant d’acheter un répéteur

Le scénario est toujours le même. La connexion tient parfaitement dans le salon, se dégrade dans la cuisine et devient inutilisable dans la chambre du fond. Le réflexe consiste alors à commander un répéteur, à le brancher dans la pièce qui pose problème, et à constater que le résultat déçoit. Dans beaucoup de logements, la cause n’est pas la puissance de la box mais l’endroit où elle est posée. Et un répéteur mal placé ne fait que réémettre un signal déjà mauvais.

Distinguer le débit et la couverture

Deux pannes très différentes se cachent derrière « internet est lent ». Soit la ligne elle-même plafonne, soit le Wi-Fi ne distribue pas correctement ce que la box reçoit. Les deux ne se soignent pas de la même façon, et on les départage en quelques minutes.

Branchez un ordinateur directement sur la box avec un câble Ethernet, puis lancez un test de débit. Recommencez sans le câble, au même endroit, puis dans la pièce qui pose problème. Si le résultat filaire est bon et que le sans-fil s’effondre dès qu’on s’éloigne, le sujet est bien la couverture : changer d’abonnement n’y changera rien. Si le résultat filaire est déjà médiocre, c’est la ligne ou l’offre qu’il faut regarder, et aucun accessoire Wi-Fi ne rattrapera cela.

Là où la box se trouve, et là où elle devrait être

Dans la plupart des logements, la box est posée là où l’installateur a trouvé une prise, c’est-à-dire dans un angle, souvent derrière le téléviseur ou au fond d’un meuble fermé. C’est le pire des emplacements possibles : le signal part d’un coin du logement au lieu d’en partir du centre, et il traverse d’emblée une planche de meuble, un écran et une grappe de câbles.

Le principe à retenir tient en trois points. La box rayonne autour d’elle, à peu près dans toutes les directions : la placer au centre du logement, et non contre un mur d’extrémité, divise par deux la distance à couvrir. Elle doit être dégagée : ni dans un placard, ni dans un meuble TV fermé, ni derrière une pile d’objets. Et elle gagne à ne pas être posée par terre : le sol et la dalle absorbent une partie du signal qui part vers le bas, autant le laisser se propager depuis une étagère.

L’objection est connue : l’arrivée de la fibre ou la prise téléphonique n’est pas au centre du salon. Trois solutions existent avant de renoncer. Un câble Ethernet peut relier la prise d’arrivée à la box déplacée, en passant derrière une plinthe. La fibre elle-même peut être prolongée par un technicien lors d’une intervention. Enfin, dans un logement à étages, monter la box d’un demi-niveau ou la rapprocher de la cage d’escalier suffit souvent, l’escalier étant le seul vrai couloir sans obstacle entre les étages.

Ce qui traverse mal

Toutes les cloisons ne se valent pas. Une cloison de plâtre sur ossature laisse passer le signal sans trop l’affaiblir. Un mur porteur en béton, une brique pleine, une pierre épaisse le réduisent nettement. Le pire est le métal : une porte blindée, un plan de travail inox, une hotte, une armoire métallique, un miroir sur toute une cloison forment de véritables écrans, et le plancher entre deux étages, s’il est en béton armé, se comporte comme une dalle réfléchissante.

L’eau compte aussi, ce qu’on oublie souvent : un ballon d’eau chaude, un gros aquarium ou une salle de bains placés entre la box et la pièce à couvrir dégradent la liaison. Cela explique des cartes de couverture qui paraissent illogiques, où une pièce proche capte moins bien qu’une pièce éloignée : ce n’est pas la distance qui compte, c’est ce qu’il y a sur le chemin.

Les deux bandes, et pourquoi votre voisin y est pour quelque chose

Une box récente émet sur deux bandes de fréquences en parallèle. La bande basse porte plus loin et traverse mieux les murs, mais elle plafonne en débit ; la bande haute débite beaucoup plus, sur une distance plus courte et avec une moindre tolérance aux obstacles.

La bande basse a un défaut supplémentaire en habitat collectif : elle est encombrée. Toutes les box du voisinage s’y bousculent, et quelques appareils domestiques émettent dans les mêmes eaux, à commencer par le four à micro-ondes. Un ralentissement qui revient toujours aux mêmes heures, ou pendant que quelqu’un réchauffe un plat, se comprend souvent comme cela. La plupart des interfaces de box permettent de changer de canal ou de laisser la box en choisir un automatiquement : c’est un réglage à essayer avant tout achat.

Retenez la logique d’usage : un appareil fixe et proche de la box a intérêt à la bande haute, un appareil éloigné ou séparé par deux murs a intérêt à la bande basse.

Faire le tour du logement avant de commander quoi que ce soit

Le diagnostic ne coûte rien. Munissez-vous d’un smartphone, ouvrez un test de débit, et relevez la valeur dans chaque pièce, toujours au même endroit de la pièce et à hauteur d’usage. Notez les résultats sur un plan sommaire.

Deux informations en sortent. D’abord la carte réelle des zones faibles, qui ne correspond presque jamais à l’idée qu’on s’en faisait. Ensuite le point de bascule : l’endroit précis, souvent un couloir ou une porte, où la mesure chute brutalement. C’est là que se joue tout le reste, et c’est cette information qui déterminera l’emplacement d’un éventuel répéteur.

Quand le répéteur se justifie, et où le poser

Une fois la box replacée, testée et le canal ajusté, il reste des logements où une zone ne sera jamais couverte : un étage séparé par une dalle, une extension, un sous-sol aménagé. Le répéteur a alors un vrai rôle.

La faute classique consiste à le brancher dans la pièce morte. Un répéteur ne crée pas de signal, il en relaie un : posé là où l’on ne capte rien, il relaie un signal inutilisable et son effet sera nul. Il se place à mi-chemin, dans la dernière zone où la réception est encore franchement bonne, et de préférence dans une position qui lui évite d’avoir à retraverser le mur le plus épais. Un répéteur relié à la box par un câble Ethernet, quand c’est possible, donne un tout autre résultat qu’un répéteur qui écoute en sans-fil.

Les autres pistes, quand le répéteur ne suffit pas

Situation Piste à privilégier
Zone faible dans une pièce voisine Replacer la box, changer de canal
Étage ou extension mal couverts Répéteur placé à mi-chemin, ou kit multipoint
Grande maison, plusieurs zones mortes Kit multipoint, idéalement relié en câble
Poste fixe, télétravail, console Câble Ethernet, la solution la plus fiable
Impossible de tirer un câble Adaptateurs par le réseau électrique

Les adaptateurs qui passent par le réseau électrique restent une option commode, avec une réserve : leur performance dépend entièrement de l’installation électrique du logement, et elle chute si les deux prises ne sont pas sur le même circuit. Un multiprise parafoudre entre les deux annule généralement l’effet.

Les gestes gratuits qu’on oublie

Avant l’achat, trois vérifications valent la peine. Redémarrer la box lève une bonne part des ralentissements passagers. Vérifier que son logiciel interne est à jour évite de traîner un défaut déjà corrigé. Et regarder la liste des appareils connectés réserve parfois des surprises : une sauvegarde en arrière-plan, une console qui télécharge une mise à jour ou un téléviseur qui diffuse en haute définition consomment l’essentiel de la ligne pendant que vous cherchez pourquoi une page met dix secondes à s’afficher.

Enfin, un appareil ancien ne profitera pas d’un réseau récent : si un seul ordinateur du foyer rame, le problème peut être sa carte sans fil, pas le réseau. Le test est simple, il suffit de comparer avec un autre appareil au même endroit.

Dans l’ordre, cela donne donc : mesurer en filaire, replacer la box, cartographier les pièces, ajuster le canal, et seulement ensuite acheter. C’est le seul enchaînement qui évite d’ajouter du matériel à un problème de placement.